LES FRINGALES AU CANADA: DES DONNÉES INDIQUENT UNE MAÎTRISE DE SOI LAISSANT À DÉSIRER
Des recommandations pour les Canadiens qui, quelques mois à peine après le début de l'année, ont déjà jeté aux oubliettes leur résolution d'opter pour une alimentation saine
Encore une de ces histoires de résolutions? Vous seriez peut-être surpris d'apprendre que même si un Canadien sur quatre prend la résolution de s'alimenter plus sainement au début de chaque année, le quart d'entre eux laissent tomber leur résolution en février au plus tard et un nombre encore plus grand cède à la déprime vers la mi-mars1. Selon le Sondage canadien sur les fringales The Skinny Cow, édition 2006*, nos fringales renfermeraient la clé du mystère. Tandis que plus de la moitié d'entre nous estiment maîtriser leur vie «à plusieurs égards» ou «à tous les égards», tant au travail qu'à la maison, 70 % d'entre nous perdent le contrôle face aux fringales.
LE SONDAGE CANADIEN SUR LES FRINGALES THE SKINNY COW, ÉDITION 2006: TOUT EST QUESTION DE CONTRÔLE
- Avons-nous du mal à nous maîtriser? 90 % d'entre nous estiment maîtriser leur vie professionnelle ou personnelle à certains égards (31 %), à plusieurs égards (39 %) ou à tous les égards (20 %).
- Maîtrise des fringales: 70 % des Canadiens cèdent à leurs fringales «parfois» (56 %), «presque toujours» (9 %) ou «toujours» (5 %), tandis que 8 % affirment ne jamais se laisser aller!
- Elle et lui: Les femmes cèdent à la tentation de combler leur fringale près de trois fois plus souvent que les hommes, et ce, en raison du stress ou de l'angoisse ou encore d'un sentiment de tristesse ou de solitude, et deux fois plus souvent à cause de l'ennui. Et les Canadiens célibataires risquent deux fois plus que les couples mariés de combler «presque toujours» ou «toujours» leur fringale.
- Mais quel sang-froid! Parmi les Canadiens, les Québécois ont l'impression d'être ceux qui maîtrisent le moins leur vie, tant à la maison qu'au travail (55 % d'entre eux affirment maîtriser leur vie un peu, très peu ou pas du tout, tandis que la moyenne dans le reste du Canada se situe à 31 %), toutefois leur maîtrise des fringales est INSURPASSÉE: 42 % des Québécois ne se plient «presque jamais» sinon «jamais» à une fringale, tandis que la moyenne nationale est de 26 %.
- Stimulants: Les Canadiens affirment que leurs fringales sont causées par le stress et l'angoisse (14 %), l'ennui (12 %), les annonces d'aliments spécifiques (9 %), les odeurs d'aliments (7 %), la solitude ou la tristesse (4 %) et le bonheur (4 %). La grossesse ne serait à blâmer que pour 2 % des fringales.
- Crème glacée, chocolat, croustilles... oh là là! Tandis que les Canadiens affichent une légère préférence pour les aliments sucrés plutôt que salés (48 % contre 40 %), les femmes ont 1,5 fois plus de chances de manger sucré que les hommes. Fait curieux, une femme sur cent a une fringale de salade et 3 % des Canadiens ont une fringale de légumes!
QU'EST-CE QUI CAUSE NOS FRINGALES?
«Les fringales font forcément partie de notre relation avec la nourriture.»
Harvey Weingarten, président et vice-chancelier de l'université de Calgary, qui a effectué des recherches approfondies sur les fringales. Ses études ont démontré que 97 % des femmes ont des fringales par rapport à 68 % des hommes, et que les gens cèdent à plus de la moitié de leurs fringales.
Selon le Sondage canadien sur les fringales The Skinny Cow 2006, 98 % des gens ont des fringales. Et comme tellement de gens ne réussissent pas à leur résister, il n'est pas étonnant qu'il existe de nombreuses théories expliquant le pourquoi des fringales (ou notre attachement incontrôlable à la nourriture).
- La théorie de la sagesse de l'organisme: Notre corps cherche à combler ses besoins énergétiques. (Cependant, cette théorie ne justifie pas les aliments dépourvus de valeur nutritive.)
- La théorie du régime: Notre corps a envie des aliments dont nous le privons.
- La théorie de la mémoire: Nous nous souvenons des aliments qui nous rappellent notre enfance et nous en avons envie.
- La théorie de la glycémie: Selon le Monell Chemical Senses Center de Philadelphie, les fringales ont surtout lieu le soir, lorsque le taux de glucose dans le sang baisse, ce qui supprime notre énergie et nous donne envie de la raviver.
- La théorie du stress/de la colère/de l'ennui/de la dépression saisonnière/du syndrome prémenstruel: Lorsque nous vivons ces émotions ou ces situations, le niveau de sérotonine dans notre cerveau baisse. (La sérotonine donne un sentiment de bien-être.) Les glucides et les aliments sucrés ou riches en féculents augmentent la sécrétion de cette substance aminée, ce qui améliorerait notre humeur.
- La théorie du stress chronique: Des chercheurs de l'université de Calgary ont découvert que 24 heures après qu'on eut activé le système de stress chronique chez des rats, ces derniers étaient avides de plaisirs et mangeaient des aliments à grande teneur énergétique (saccharose et saindoux).
Perspectives: La maîtrise des fringales fait l'objet de nombreuses recherches. Les chercheurs ont découvert que les gens dont l'imagerie mentale des aliments est la plus vive ont les fringales les plus intenses. Ainsi, si on réussit à atténuer l'image mentale qu'on se fait d'un aliment (il s'agit essentiellement de s'efforcer de penser à autre chose), on peut réduire l'ampleur de nos fringales. D'autres chercheurs ont trouvé que des images télévisées aléatoires et intermittentes atténuaient l'imagerie mentale jusqu'à éliminer la fringale. (Tiggeman. Chocolate cravings are susceptible to visuo-spatial interference. Eat Behav, février 2005, 6(2), p. 101-107.)
Phénomène culturel: La recherche multiculturelle contredit l'affirmation selon laquelle le chocolat est l'aliment dont les femmes raffolent le plus, à l'échelle mondiale. Tandis que les femmes en Égypte, en Espagne et aux États-Unis ont tendance à avoir envie d'aliments plus sucrés que les hommes, le désir de chocolat est variable. En Espagne, ce dernier est égal chez les hommes et les femmes. Au contraire, les Égyptiennes font peu de cas du chocolat (seulement 6 % d'entre elles ont nommé le chocolat comme leur aliment préféré). (Appetite. Avril 2003, 40(2), pp. 193-5.)
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FEMMES - ÉTATS-UNIS |
FEMMES - ESPAGNE |
FEMMES - ÉGYPTE |
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Chocolat |
Chocolat, cola, frites |
Feuilles de vigne farcies de viande et de riz |
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HOMMES - ÉTATS-UNIS |
HOMMES - ESPAGNE |
HOMMES - ÉGYPTE |
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Pizza, bière |
Jambon Serrano, frites, spaghetti |
Soupe de molokhia, poisson grillé |
LAISSEZ-VOUS TENTER... MAIS FAITES PREUVE DE DISCERNEMENT!
Selon le Petit Robert, une fringale est une «faim violente et pressante». Selon des renseignements non scientifiques, les gens qui ont des fringales seraient capables de visualiser l'aliment désiré, voire presque de le sentir et le goûter.
«Nous devons nous laisser tenter par nos fringales, affirme Naomi Orzech, diététiste professionnelle et conseillère en fringales. Lorsque nous nous refusons des catégories alimentaires entières, que ce soit les aliments riches en féculents ou tout ce qui est sucré, nous privons notre corps et notre esprit d'un plaisir important, et peut-être même de substances nutritives. Vous pouvez vaincre votre dépression de mi-mars tout en respectant la résolution prise au Nouvel An: il suffit de vous gâter de manière responsable.» Madame Orzech insiste sur l'importance des portions normalisées et de l'exercice, dans le cadre d'un régime alimentaire équilibré. Cliquez ici pour obtenir des conseils simples sur la façon de triompher de vos fringales, de la part de The Skinny Cow et de la diététiste professionnelle Naomi Orzech, à Toronto.
*RENSEIGNEMENTS SUR LE SONDAGE: *Sondage effectué par le Centre de recherche Décima du 15 au 18 décembre 2005 auprès d'un échantillon national représentatif de 1 000 adultes de 18 ans et plus. Marge d'erreur de +/- 3,1 %.
1. Sondage effectué par la firme Léger Marketing en février 2004 auprès d'un échantillon de 1 500 Canadiens.
Références:
The Skinny Cow de Nestlé et la diététiste professionnelle Naomi Orzech.